Anonyme a demandé: Bonjour je suis Juliette, j'habite Jerusalem. :) Pourquoi tu n'as pas de compte Instagram?

Bonjour Juliette,
J’utilise déjà un compte Flickr qui me permet de poster des photos à ma convenance, sans filtre, au bon format (c’est-à-dire… Pas carré), dans une qualité optimale. Je poste aussi très régulièrement des twitpics de nourriture (et de mon chat) sur mon compte Twitter. Tout cela me paraît grandement suffisant, en plus des photos qui illustrent mes articles !
Bien à toi Juliette, et merci de me lire ! Amicalement,
Jean*

Une charlotte de saison : fraise et violette

Vous vous souvenez de cette charlotte. Non ? Mais si, regardez :

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Bon, passons à la recette.

I. Pour les biscuits à la cuiller.
Commencez par faire préchauffer votre four à 200°.
1. Séparez les blancs des jaunes de 4 œufs. Dans un grand cul-de-poule (un bol, un saladier, bref un truc profond), montez les blancs en neige ferme en incorporant petit à petit, lorsqu’ils commencent à prendre du volume, 120gr. de sucre semoule.
2. Lorsqu’ils forment une masse ferme et homogène, incorporez les jaunes, toujours au fouet (ou au batteur) et à la même vitesse. Par-dessus, incorporez 120gr. de farine préalablement tamisée. Incorporez également un peu de colorant rouge ou rose, préférablement en poudre.
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3. Transférez l’appareil dans une poche à douille. Coupez-en l’extrémité et, sur une plaque préalablement recouverte de papier sulfurisé, taillez (c’est comme ça qu’on dit, ne me regardez pas comme ça) des biscuits de la même longueur et largeur, en les espaçant assez : prenez en compte qu’ils vont prendre du volume.
4. Saupoudrez de sucre glace.
5. Enfournez pour 10 à 15 minutes, le temps de faire votre vaisselle et de ranger un peu votre bazar car oui, oui, je sens que c’est le bazar chez vous. Sortez et laissez refroidir à température ambiante, le temps de procéder à la suite.
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II. Pour la crème.
1. Détendez 150gr. de mascarpone en le fouettant vivement avec 5cl. de sirop de cassis, ou 5cl. de sirop de sucre additionné de quelques gouttes d’extrait de violette, selon que vous préfériez… Le cassis ou la violette.
2. Montez en chantilly 30cl. de crème entière très froide en incorporant peu à peu, lorsque la crème commence à prendre du volume, 30gr. de sucre glace. Si vous en disposez, ajoutez quelques pétales de violette cristallisés.
3. Mélangez avec délicatesse la chantilly avec le mascarpone. Réservez au frigo en attendant de procéder au montage.

III. Pour le sirop d’imbibage. Faites bouillir 200gr. d’eau additionnée de 100gr. de sucre semoule. Ajoutez hors du feu et une fois le sucre bien dissous un peu de sirop de cassis, ou quelques gouttes d’extraits de violette, encore une fois selon votre goût.

IV. Montage.
Deux possibilités de montage : soit au cercle, donc directement dans un plat à service, et dans ce cas il faudra prendre en compte que le montage sera tel quel ; soit dans un moule à charlotte, et dans ce cas vous devrez d’abord chemiser le moule de cellophane (c’est-à-dire en recouvrir le fond et les bords) et procéder au montage à l’envers.
1. Chemisez les bords du moule ou cercle avec les biscuits, ainsi que le fond (cercle).
2. Au pinceau, c’est-à-dire sans excès, imbibez-les de sirop. Ajoutez ensuite des fraises coupées en morceaux (moule à charlotte : commencez par les fraises, disposées à plat et régulièrement, puis ajoutez les biscuits et imbibez-les).
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3. Ajoutez ensuite une partie de la crème. Renouvelez l’opération : fraises, brisures de biscuits, puis crème.
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4. Procédez ainsi jusqu’à hauteur et/ou épuisement des ingrédients. Coupez les pointes de biscuits qui dépassent. Réfrigérez aussitôt pour au moins deux à trois heures.

V. Pour le glaçage.
1. Au bain-marie, faites fondre 100gr. de chocolat blanc additionné de 20gr. de beurre doux.
2. Hors du feu, ajoutez 5cl. de crème pour obtenir une consistance épaisse mais assez fluide.
3. Retournez le moule à charlotte sur un plat de service ou ôtez le cercle selon le mode de montage choisi.
4. Couvrez la surface de glaçage et, à la spatule, lissez la surface pour que le glaçage coule ensuite sur les bords de la charlotte.
5. Décorez pour conclure de fraises ou autres éléments de votre choix. Réfrigérez jusqu’au moment de servir.

Servez avec décadence, c’est-à-dire généreusement, mais sans autre excès que celui de la gourmandise.
image (Voir la photo d’ensemble ICI.)

Sans paroles

Parenthèse ethnique #8 : soupe de la Garfagnana

Alors que le calendrier indique avril, personnellement, je suis encore en novembre. Je fais encore des soupes et des gratins et je mets une écharpe quand je sors de chez moi. Si tout va bien, l’été commencera le 15 juin et finira le 15 août. Préparez-vous.

En attendant, et alors que je reviens d’un trop bref weekend en Italie, voici une recette de soupe probablement en provenance de la région montagneuse de Garfagnana (Toscane, environs de Lucques). Cette région est notamment connue pour son farro, qui recouvre partout ailleurs indistinctement l’amidonnier, l’épeautre et l’engrain ; alors qu’elle est, sur place, une céréale à part entière qu’il ne faut surtout pas confondre avec les autres. Autant dire qu’elle sera parfaitement introuvable, même dans votre épicerie parfaitement achalandée. Désolé.

Autre ingrédient local, le haricot borlotti, dit aussi coco rose, qu’on confondra aisément avec le haricot romain : l’un est veiné de rouge, l’autre en est tacheté. Difficile de faire la différence, mais au demeurant, dans cette recette, l’un ou l’autre conviendront.
Pour la version végétarienne que je vous en propose, et pour huit personnes, il vous faudra :

Une grosse boîte de tomate pelées au jus, égouttées (a.) ; 200gr. de petit épeautre (b.) ; 500gr. de haricots borlotti secs, trempés une nuit dans de l’eau froide (c.) ou 800gr. de frais (bon courage pour en trouver) ; une branche de sauge, fraiche ou séchée (d.) ; un gros oignon (e.) ; deux gousses d’ail (f.) ; deux carottes (g.) ; deux branches de céleri (h.) ; deux branches de romarin (i.).

1. Emincez finement le céleri, l’oignon. Ecrasez grossièrement l’ail.
2. Dans une cocotte, faites chauffer 3cs. d’huile d’olive. Faites-y revenir les légumes précédents. Ajoutez également les tomates. Dans une autre casserole, couvrez les haricots d’eau et portez à ébullition. Faites-y infuser la sauge et la romarin jusqu’à la fin de la cuisson.

3. Laissez mijoter les légumes une vingtaine de minutes à couvert et à feu moyen-fort en mélangeant souvent. Cuisez les haricots quarante minutes à une heure, jusqu’à ce qu’ils éclatent.
4. Une fois les haricots cuits, retirez les herbes. Mixez les haricots avec leur eau de cuisson. Ajoutez ensuite, peu à peu, les légumes de la première casserole et continuez de mixer. Si la soupe devient trop épaisse, vous pouvez la détendre avec un peu de bouillon de légumes ou, à défaut, d’eau.
5. Rectifiez l’assaisonnement en sel et poivre. Chinoisez si vous le souhaitez la soupe pour obtenir un velouté sans grumeaux, mais ne jetez pas ce qui reste au fond du chinois : vous pouvez à nouveau délayer avec du bouillon, mixer et refaire de la soupe : dites-vous bien que ce ne sont pas des déchets, mais bien vos légumes de départ. Pas question de jeter.
6. Dans une sauteuse, faites chauffer un 1cs. d’huile d’olive. Jetez-y l’épeautre pour l’enrober d’huile, puis couvrez à hauteur de bouillon. Faites cuire à feu moyen et à couvert jusqu’à ce que l’épeautre soit attendri (jusqu’à une heure) et le bouillon complètement absorbé-évaporé. Rajoutez du bouillon s’il y a lieu de prolonger la cuisson. Assaisonnez à votre goût.
7. Servez la soupe bien chaude et parsemez d’épeautre. Ajoutez un filet d’huile d’olive et quelques brins de romarin pour décorer.

Le résultat est ici.

Ça va mieux en le disant. — J’ai bien parlé d’une version végétarienne : la recette originale prévoit 100gr. de pancetta et de saindoux à ajouter au mélange de légumes initial.
Et sinon ? — Plus de recettes toscanes (dont est issue celle-ci, passablement adaptée) : Toscane, chez Phaidon. Un complément notable à la Cuillère d’argent.

“Résolutions” : la suite (2). Cuisiner et manger seul sans gaspiller

Suite à d’autres questions relatives à cet article (et la première suite), j’en viens à parler du quotidien ; car ce n’est bizarrement pas la cuisine des grands soirs qui pose le plus de problème : c’est celle de chaque jour. Devoir, chaque jour, imaginer comment varier ses repas est aussi problématique que s’habiller. Au même titre que certain(e)s d’entre nous réfléchissent en se disant : « OMG pas question que mes collègues me voient deux jours de suite dans cette chemise », certain(e)s autres surajoutent à ce souci celui de la diversité de leur repas : comment manger différemment chaque jour pour ne pas se lasser d’un goût et par ailleurs, favoriser son équilibre alimentaire ?
Eh bien de la même façon qu’une chemise bleue et beige s’accordera aussi bien, sur deux jours, avec un gilet beige et un veston bleu, il est évident que des légumes vapeurs ou juste cuits à l’eau, ou même sautés, pourront servir de base à plusieurs plats de suite : il s’agit de remployer les restes.

Comme un grand nombre des messages relatifs à ce sujet me font remarquer, en gros, que « c’est facile pour toi c’est ton boulot » et « on voudrait bien voir comment tu t’en sors » et autres « j’ai ni le temps, ni l’envie, quand je rentre super tard du boulot de cuisiner pendant une heure », j’ai photographié une longue suite de repas pris seul, principalement le midi, quelques-uns le soir ; mais avant d’en faire le détail, quelques conseils :

1. Faites vos courses de façon raisonnée.

a. Selon vos envies. — Ne vous privez pas d’un produit en particulier que vous adorez parce qu’il vous semble mauvais pour la santé : vous allez vous frustrer et reporter votre envie sur autre chose. Limitez-en simplement la consommation pour l’apprécier à chaque fois. A la longue vous changerez sûrement de coup de cœur : c’est le jeu des industriels de vous happer dans le tourbillon frénétique du choix.
Passons ce petit passage acrimonieux. Le plus difficile avec ses envies, c’est qu’elles ne concordent pas toujours avec ce qui est « bien » : pour sa santé, pour la nature, etc. Il est bien certain que des fraises en mars, c’est tentant et puis oh !, elles sont produites en France, c’est ce casse-pieds de Jean qui va être content.
Oui, mais non. Ce n’est pas la saison et vous ne trouverez dans vos fraises de France, poussées sur de la bâche en serre chauffée, qu’un subtil goût de rave.

b. Selon vos contraintes.
De budget. — Vous rêvez de souris d’agneau mais le boucher vous assomme ? D’autres morceaux d’agneau moins onéreux pourront aussi vous satisfaire. Mais du coup, vous craignez de ne pas cuisiner la totalité du collier d’agneau – avantageusement moins cher, mais vendu en barquette de 1kg. ? Réfléchissez à des variantes qui vous permettront de remployer les restes sans vous lasser.
De place. — Le souvenir d’un velouté de butternut vous fait saliver mais la plus petite d’entre elle fait 2 kilos ? Ne vous ruinez pas en « portions » de légumes prédécoupés, détaillez-la vous-même en cubes que vous congèlerez ou, mieux encore, faites une soupe de la totalité puis congelez-en une partie en bouteille plastique.
De temps. — Oui mais alors, vous n’aurez pas le temps de cuisiner l’agneau et la soupe ?… Cuisinez un maximum quand vous avez des plages horaires inoccupées. En plus d’optimiser le temps, optimisez l’espace : épluchez et coupez vos légumes et conservez-les crus jusqu’à usage, ou alors, juste blanchis (= bouillis 5 à 10 minutes dans de l’eau salée) dans des boîtes qui s’empileront parfaitement dans votre frigo. Cuisinez vos ragoûts, mirontons et autres plats en sauce (mollo sur la sauce hein) plusieurs jours à l’avance : recuits, ils ne seront que meilleurs et si vous vous lassez : hop, congélateur. Quant aux viandes à griller et poissons, ils sont généralement cuits en moins d’un quart d’heure. Plus d’excuses !
D’équilibre et variété. — Les solutions congélation/remploi favoriseront très largement la variété de vos repas. N’oubliez pas d’y inclure de temps en temps des pâtes, du riz, des céréales, de la polenta, des légumineuses, etc. ; autant d’aliments secs qui vous dépanneront les soirs de désarroi culinaire. Si votre métier vous permet d’emporter vos « barquettes » et de les réchauffer sur votre lieu de travail, profitez-en : une solution économique à long terme, par rapport au prix d’un « plat du jour » dans un bistrot voisin dont la qualité sera probablement plus contestable que celle de votre plat préparé avec amour… Pour autant, allez au restaurant quand vous en avez envie : encore une fois, il ne s’agit pas de vivre en autarcie. Y aller moins souvent vous permettra d’augmenter en budget/gamme et donc, d’apprécier encore plus tout l’amour que d’autres auront mis, à leur tour, dans la cuisine qu’ils vous proposent.


R1. Soupe de potiron, salade de chou et pomme, poulet sauce Worcestershire, fondue de poireaux et pleurotes, faisselle aux griottes au sirop.
imageR2. Soupe de champignons, salade de chou (R1), poulet soja-tandoori (poulet de la même découpe qu’en R1), salade, pomme, yaourt.
imageR3. Soupe de champignons (R2), œufs au plat, chou de Bruxelles à la moutarde, faisselle à la crème de marron.
imageR4. Soupe aux choux (reste du chou de la salade R1, reste de choux de Bruxelles R3), paleron braisé, épinards aux pleurotes, pomme, yaourt.
imageEvénement extérieur : dîner avec des amis la veille du R5.
R5. Soupe (R4), gambas poêlée (reste de la veille), riz basmati, salade pomme-kiwi (reste de la veille).
imageEvénement extérieur : retour de courses la veille du R6.
R6. Salade de carottes et champignons de Paris, cabillaud aux algues et purée à l’oignon nouveau, yaourt et salade d’ananas et mangue.
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R7. Soupe aux choux (R4, décongelée), parmentier (paleron du R4 et purée du R6), salade de carottes et champignons (R6) augmentée de betteraves, yaourt, mandarine.
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R8. Soupe de potiron, paquet de poireaux, patate, jambon, salade de chicorée rouge et dés de fromage, gâteau de riz industriel, pomme.
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R9. Salade (R7) augmentée de mâche, œuf d’oie au plat, pain (pour les mouillettes), pomme, yaourt.
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R10. Soupe de patate douce et champignons, pâtes à la fondue de poireaux-pleurotes (décongelée, reste du R1), lieu noir bardé de lard, compote de pommes, raisins secs, baies de goji.
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Evénement extérieur : retour de marché la veille du R11.
R11. Soupe poireaux et patates, salade de chou, pomme, betterave, céleri, caillette de la Drôme, yaourt, pomme.
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R12. Lapin à la sauge, suée d’épinards, fromages et pain, mousse au chocolat.
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R13. Soupe (R11), parmentier de haddock à la patate douce (même lot que la soupe en R10), Salade (R11), faisselle et griottes au sirop.
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R14. Gloubiboulga de lapin (R12) au céléri-rave, salade, yaourt et kiwi au sirop d’érable.
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R15. Salade de carottes violette et jaune, soja, roquette, céleri, chou-fleur et poireaux vinaigrette, suée d’épinards (R12) augmentée de poireaux, jambon, mandarines.
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R16. Soupe (R15), rouleaux de printemps « spécial restes » (suée d’épinards (R12) augmentée de champignons), salade (R15), lapin au céléri (R14)), yaourt.
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Quelques indications.
Sur la récurrence des soupes : d’une part, c’est de saison, c’est chaud, ça fait du bien. La soupe permet en outre de manger des légumes – même dégradés par la cuisson, ils sont plein de fibres et de minéraux et tout et tout – et assure une satiété plus rapide (donc, de manger moins). Souvent, les soupes reviennent après avoir été congelées : pour éviter la répétition, vous pouvez alterner avec deux, voire trois, en les congelant en bouteille.
Sur la récurrence des salades : si elles ne sont pas noyées de sauce, même constat : elles font manger des légumes sous une autre forme que la soupe (ça peut finir par lasser, je conçois) en conservant plus de vitamines (behui c’est pas cuit). Le chou, la betterave, les carottes, les champignons, les deux céleris – pour ne citer qu’eux – entrent au compte des végétaux qui n’ont pas besoin d’être cuits pour être consommés. Pensez à bien les éplucher/laver et à les émincer très, très finement… Variez aussi les assaisonnements, mais préparez-les à part afin de pas « cuire » chimiquement les légumes. Par ailleurs, une salade sans assaisonnement peut, à la faveur d’un court-bouillon, se transformer en soupe. (L’inverse n’est pas possible, soyez raisonnables.)

Si, pris d’une frénésie maraîchère, vous dévalisez le marché…,
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…réfléchissez comment cuisiner l’ensemble sans aller, comme souvent lorqu’on manque de temps ou d’imagination, vers la soupe. Organisez vos légumes selon les modes de cuissons que vous pouvez leur appliquer, on selon le plat que vous voulez faire.
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Ainsi panais, carottes, navets, une fois braisés, pourront constituer un accompagnement de viande ; bouilli avec elle, un pot-au-feu ; bouillis seul puis mixés, un velouté. Poireaux et pleurotes sautés ensemble viendront compléter le céleri-rave préalablement coupés en dés et blanchi pour un accompagnement de poisson ou viande. Chou, céleri-branche et betterave, émincés finement, constitueront une salade.

Viande ou poisson ? — favorisez l’alternance des sources de protéines : veillez à ne pas manger tout le temps la même viande ou le même poisson. Cassez vos habitudes ; combinez avec des œufs ou des protéines végétales. N’oubliez pas que les produits laitiers en contiennent aussi. Quant à la conservation des viandes déjà cuites, pourvues qu’elles soient filmées et au frigo, elles peuvent tenir plusieurs jours, cuites et recuites.

Quelques minuscules conseils de trois fois rien pour conclure. — 1. Prenez le temps de manger, même seul. Manger lentement vous permettra d’arriver plus vite à satiété (c’est une ruse mathématique de l’esprit) tout en appréciant au mieux ce bon repas, omnomnom, que vous avez cuisiné. Ne vous forcez pas à finir : c’est que vous avez mangé à votre faim. 2. Rééquilibrez vos repas dans le temps : si vous allez au restaurant le midi, ne vous rationnez pas à une soupe et un yaourt le soir. Mangez moins (en quantité) ou plus de légumes (la magie des fibres) sur deux repas, certes, mais mangez. Se priver de nourriture est culpabilisant et de toute manière, inutile : ce que vous pensez compenser d’un côté, vous le décompenserez de l’autre en vous jetant sur des gâteaux plusieurs heures après. 3. Pensez à boire, plutôt entre les repas. Ne vous remplissez pas d’eau en mangeant, vous aurez l’impression d’être arrivé à satiété mais en fait, non, et dans deux heures, vous aurez faim.

Allez, du nerf. Les mauvaises habitudes sont les plus difficiles à perdre : question de volonté !

Roman photo : la charlotte aux poires

Biscuits à la cuiller
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Dacquoise au cacao, en cours
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Pochage des poires, sirop au rhum
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Crème pâtissière à la vanille…
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…augmentée de chocolat
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Réduction du sirop de pochage en sirop d’imbibage
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Chantilly à la crème de marron, en cours
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Montage : en théorie
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Montage : en pratique
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Et pour conclure, une vue d’ensemble.

Mon beau gratin, roi des purées

S’il vous plaît, ne me jugez pas pour ce jeu de mots douteux.

Quoique l’hiver « météorologique » semble se finir, au moment où je mets le présent article en ligne, il neige. Donc on va attendre encore un peu pour les tomates, les aubergines, tout ça tout ça.

Au demeurant ce qui compte dans ce qui va suivre, ce n’est pas tant les légumes que je vous propose de gratiner mais les différents moyens de gratiner sans se lasser.
Le gratin, qu’on le cuise ou qu’on en parle, est un vaste fourre-tout. Au terme qui désignait au XVIème siècle ce qui reste accroché au cul ou aux parois des casseroles dans lesquelles on avait déjà fait cuire quelque chose s’est substituée l’appellation plus générale, au XIXème, du mode de préparation qui consiste à mettre des trucs et des machins dans un plat pour ensuite les faire gratiner sous le grill d’un four, avec force sauces, fromages, chapelures.
Oui, ouiii, le gratin est sans doute le moyen le plus connu de finir ses restes de viandes et de purées variées ou de légumes cuits. Au même titre qu’un Lubitsch ou un vieux Disney, le gratin réconforte au cœur de l’hiver (ou du moins, la fin), comme aussi les soupes, les bouillis, les desserts tièdes et gras qui font se dire que tient, si on était un ours polaire, on aimerait bien se reconstituer rien qu’avec des crumbles pomme-poire-noix de pécan-cranberries, et pas avec un Caca-Colo, comme tend à nous le faire croire une célèbre firme de boissons gazeuses.
Car oui, le crumble n’est jamais qu’un gratin. On fera même un crumble salé, vous allez voir. Et puis on causera des gratins sucrés si vous voulez.

I. Christophine
La christophine, également appelée « chouchou » ou « chayotte », est un fruit consommé comme un légume.
Sorte de poire dont la partie inférieure ressemble étonnamment à la bouche de Mme Kardashian-Mère, la christophine a une peau dure et une espèce de noyau central, oblong et assez souple pour être coupé, bien entendu non comestible.

La christophine est très connue dans la cuisine réunionnaise en crudité et en gratin ; la chinte – sa racine – est également consommée en Colombie en lieu et place de n’importe quel tubercule. En d’autres endroits elle se consomme également en frites.
Sous nos latitudes c’est le gratin qui domine. En voici une suggestion. Parce que c’est un article sur les gratins. Suivez, un peu.

(Pour quatre personnes.)
1. Coupez trois ou quatre christophines en deux et blanchissez-les cinq à dix minutes à l’eau bouillante que vous salerez aux premiers bouillons.
2. Pendant ce temps, coupez grossièrement une grosse poignée de pleurotes. Pelez et émincez finement un oignon ou deux échalotes. Dans une sauteuse, faites suer l’oignon et, une fois légèrement coloré, ajoutez-y les pleurotes. Faites-les cuire à feu moyen et à couvert, en mélangeant souvent. Assaisonnez bien.
2. Lorsque la lame d’un couteau s’y plante sans peine, égouttez les christophines.
3. A la cuillère, videz-les de leur chair. Ôtez-en le noyau.

(Faites préchauffer votre four à 180°.)
4. Dans un plat qui ira au four, intercalez la chair de christophines et les pleurotes. Arrosez de crème et saupoudrez de parmesan ou d’un fromage râpé à votre goût.
5. Enfournez le temps de faire bouillir la crème et gratiner le fromage.
Vous pouvez également compléter avec quelques fines rondelles de pomme de terre, comme sur la photo ci-dessus.


II. Pâtisson
Courge ingrate, injustement renvoyée par certain au rang de coloquinte décorative, le pâtisson (qui doit son nom à l’ancien provençal « pastisson », désignant un gâteau sorti d’un moule à festons) se retrouve en différentes couleurs ; blanc, jaune, panaché (croisement entre un blanc et la variété américaine Yellow Mandan).
La chair du pâtisson est fine et fondante. Voici ma proposition : le pâtisson façon vol-au-vent.

1. Evidez un pâtisson par personne (a.) ou, si vous préférez, épluchez-les et détaillez-les en gros morceaux (b.).

2. Pelez et émincez une gousse d’ail (a.), un oignon (b.), hachez grossièrement quelques brins de cerfeuil (c.) et coupez en gros morceaux quelques pleurotes (d.) ou champignons de Paris (le gros modèle).
(Faites préchauffer votre four à 180°.)
3. Réalisez une béchamel. Faites fondre 30gr. de beurre et fouettez-y 30gr. de farine. Une fois obtenu un roux (une consistance pâteuse couleur Nicole Kidman période Tom Cruise), et toujours à feu doux, délayez-le au lait dans la quantité qui vous conviendra (a.) – selon la consistance que vous préférez ; ici, une béchamel assez liquide est souhaitable. Faites suer l’oignon et l’ail dans un morceau de beurre. Ajoutez les morceaux de pâtisson et faites-les cuire à feu moyen-vif pendant dix à quinze minutes (b.).
4. Détaillez un blanc de poulet en petits morceaux (a.) et une tranche de jambon, que votre charcutier vous aura aimablement taillée épaisse, en cubes (b.).
5. Remplissez le pâtisson évidé (ou un moule à gratin individuel) par personne du mélange champignons-pâtisson, des deux viandes. Recouvrez de béchamel. Surmontez de fromage râpé à votre goût.
6. Enfournez pour vingt à trente minutes en prenant soin de couvrir d’une feuille d’aluminium, que vous ôterez en fin de cuisson pour faire gratiner le dessus au dernier moment.

Et voilà pour la version en plat :

Et voilà pour la version « reconstituée ».

III. Panais
(Pour quatre personnes.)
1. Préparez un bouillon de volaille ou de légumes.
2. Pendant ce temps, épluchez et détaillez trois panais en rondelles épaisses. Pelez un oignons et détaillez-le également en rondelles de même épaisseur.
3. Blanchissez les rondelles de panais cinq à dix minutes dans le bouillon. Sortez-les-en à l’écumoire et faites réduire le bouillon de moitié.
4. Tandis que le bouillon réduit, concassez finement 1cs. de grué de cacao.
(Faites préchauffer votre four à 180°.)
5. Dans un plat à gratin, disposez les rondelles de panais et d’oignons en les intervertissant. Couvrez de bouillon réduit. Parsemez de grué concassé.
6. Enfournez quarante minutes en couvrant le plat d’une feuille d’aluminium que vous retirerez au dernier moment pour gratiner.

Le soin du détail. — Le grué de cacao constitue les « petits morceaux amers et croquants qui ne possèdent pas encore le goût du chocolat » qui subsistent dans le tamis après l’expulsion des coques de fèves de cacao concassées. Finement broyé, le grué devient une « poudre grossière qui fond dans la bouche avec la texture d’un praliné. On l’appelle pâte de cacao, liqueur ou masse. Mais il n’a pas encore le goût du chocolat, il est encore amer, acide et un peu granuleux. » (Encyclopédie du chocolat, Flammarion, p. 141)

IV. Céleri-rave
Comptez ici un demi-céleri (partant du principe que les céleris-boules sont calibrés taille « petit ballon de foot »), 200gr. de champignons de Paris et 200gr. d’autres champignons de saison pour quatre personnes.

1. Epluchez le céleri et détaillez-le en cubes. Pour ce faire, travaillez quart après quart : sur une section de céleri, coupez des « tranches » (a.). Dans ces tranches, faites des bâtonnets (b.) et de ces bâtonnets, devinez quoi ?, faites des cubes (c.).

2. Ebouillantez les cubes dans un grand volume d’eau que vous salerez aux premiers bouillons une dizaine de minutes, jusqu’à ce qu’une pointe de couteau y entre sans mal.
3. Pendant ce temps, épluchez les champignons de Paris : à l’aide d’un petit couteau pointu, tirez la peau depuis le pied jusqu’au centre du chapeau. La peau vient d’autant plus facilement que, sur les gros champignons de Paris (dits « Portobello », tels ceux qu’affectionnent particulièrement nos voisins d’outre-Manche au petit déjeuner), elle est plus épaisse.

Une fois épluchés (a.), coupez les champignons en deux dans leur hauteur (b.) afin de les avoir « à plat ». Emincez-les pas trop finement (c.)

Pensez à égoutter les cubes de céleri.
3. Lavez rapidement 200gr. d’autres champignons de saison – ici, des chanterelles grises – à grande eau afin de les débarrasser des résidus de sous-bois qui viennent souvent avec.

(Faites préchauffer votre four à 180°.)
4. Dans une sauteuse, faites sauter (ben oui, du coup) tous les champignons ensemble dans un bon morceau de beurre fondu.
Assaisonnez largement.
5. Dans un plat à gratin, superposez vos ingrédients par couches : une couche de céleri (a.), une couche de champignons (b.), une couche de copeaux de parmesan (c.), etc. Finissez par le parmesan parce que donc oui, c’est un gratin, donc faut que ça gratine.

Enfournez pour une vingtaine de minutes.
Et là paf :


V. Crumble persillé de céleri-rave
Revoyons le céleri, plaisant légume de saison.
Comptez un gros céleri pour six personnes.

1. Suivant la méthode précédente, épluchez et détaillez le céleri en cubes, mais plus petits, tout petits petits. Blanchissez-les cinq minutes dans un grand volume d’eau que vous salerez aux premiers bouillons. Egouttez-les.
2. Préparez votre crumble : mélangez ensemble 100gr. de farine, 100gr. de parmesan râpé et 100gr. de beurre (a.). Vos ingrédients pour le « persillé » dudit crumble : une petite tête d’ail (environ une dizaine de petites gousses) et un beau bouquet de persil (b.).
3. Pelez et dégermez les gousses d’ail si leur germe est vert. Passez-les au presse-ail (ben si, du coup ; a.). Effeuillez et hachez finement le persil (b.).
Mélangez ces ingrédients au crumble.
(Faites préchauffer votre four à 180°.)
4. Faites sauter les cubes de céleri dans 20gr. de beurre. Ajoutez un peu de bouillon de volaille et, à feu vif, mélangez bien les cubes jusqu’à complète évaporation du liquide. Débarrassez (=disposez) dans un plat à four (a.). Par-dessus, émiettez le crumble (b.).
5. Enfournez une vingtaine de minute jusqu’à ce que le crumble soit bien doré. Servez chaud.

VI. Gratin de pomme, poire, banane façon frangipane

1. Epluchez deux pommes, deux poires et une bananes. Assaisonnez-les de jus de citron, de sucre roux et d’une lampée de rhum ; laissez macérer un moment en sirotant le reste du rhum dans un grog. (Vous pouvez également ajouter une poignée de cranberries. Aux fruits qui macèrent, pas à votre grog.)
(Faites préchauffer votre four à 160°.)
2. Réalisez une crème pâtissière comme on vous l’a précédemment appris. Une fois refroidie, incorporez-y 3cs. de poudre d’amandes. Couvrez les fruits de cette crème.
3. Saupoudrez la garniture d’un peu de poudre d’amandes, qui absorbera l’excédent de jus s’il venait à bouillir en fin de cuisson.
4. Cuisez jusqu’à coloration superficielle de la surface, soit 20 à 30 minutes.

Varions dans l’allégresse. — Vous pouvez variez les fruits selon les saisons. D’autres propositions illustrées ci-dessous : mangue-coulis de framboise ; rhubarbe-sirop d’agave.

Et maintenant, c’est à vous d’inventer vos propres combinaisons !

Couleur café

Aaah, le café, l’ami matinal qui permet de sortir de son sommeil et sans lequel, rien ne serait possible.

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Le café, le doux, ou fort, ou sans sucre, celui qui met de bonne humeur ou parachève une humeur déjà écrasante.

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Bon alors qu’on soit clair, je ne vais pas vous faire toute l’histoire du café ou vous bombarder de chiffres sur la consommation mondiale ou d’autres choses du genre. Non non. Je viens en paix vous faire partager une réponse à cette question :
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Pour commencer, Caroline ma sucrine, il faut éduquer ton chat. Je connais des gens qui ont dressé le leur pour faire ses petites affaires directement sur les toilettes. Pourquoi ne pas lui donner le goût du café ? C’est comme du lait. On pourrait commencer par du café au lait. D’expérience j’ai noté que mon chat mangeait tout ce qu’il me voyait manger. D’où, parfois, des disputes autour d’un Saint Félicien, par exemple.
Mais je m’égare.

Bien qu’il existe sûrement des recettes salées comportant du café, je me concentrerai pour le moment sur le café tel qu’il est généralement employé en pâtisserie.
Dans sa version « expresso tout juste coulé », on l’ajoute chaud ou tiède aux biscuits d’un tiramisu express. Pour un tiramisu un peu moins express, on pourrait tout à fait se servir d’un vieux reste de café pour imbiber une génoise ou une dacquoise à la place du traditionnel amaretto. J’ai aussi en tête une recette dans laquelle on « détend » du mascarpone avec un peu de café pour constituer une garniture décorative de tarte au chocolat.

Dans les faits, on utilise fort peu le café sous sa forme « coulé » en cuisine. On parfume plutôt avec du café soluble, du café moulu ou bien entendu, de l’extrait de café.
De cette idée, je me suis dit : « pis tiens, si j’essayais de faire réduire du café ? »
Je suis donc parti du postulat de départ : un fond de mug.
image Je l’ai fait réduire de trois quarts. Réduire n’est pas le terme approprié car le café n’est, en définitive, qu’une infusion : à la fin, la densité est toujours celle de l’eau. Donc je n’ai pas fait réduire cette eau infusée ; j’en ai concentré l’infusion. Si bien qu’à la fin, j’ai obtenu du café concentré, du genre « décollage de collets dentaires » si d’aventure on s’amusait à le boire.

Avec ce café concentré (très semblable finalement à l’extrait de café qu’on trouve dans le commerce), j’ai fait un gâteau. Au café. (Ben oui.) Et un glaçage. Au café aussi. (Du coup.) Et voici comment ça se passe.

(Je reprends le vouvoiement, je m’adresse à tout le monde. Et j’aime le formalisme culinaire. Ne me jugez pas.)
1. Dans une poêle et sans matière grasse, torréfiez 100gr. de noisettes entières. Une fois refroidies, hachez-les pas trop finement. Réservez.
2. Battez quatre œufs avec 200gr. de cassonade. Ajoutez 2cs. de café concentré.
(Faites préchauffer votre four à 180°.)
3. Ajoutez ensuite 225gr. de beurre ramolli. Travaillez à la cuillère en bois ou au pétrin (avec la feuille) pour bien l’assouplir.
Ajoutez 225gr. de farine puis un sachet et demi de levure (16gr.).
Finissez avec les noisettes (dont vous pouvez garder une petite poignée pour la décoration).
4. Enfournez pour 30 à 40 minutes, selon votre four. Surveillez la cuisson en plantant un couteau dans le gâteau à mi-cuisson.
Pendant ce temps, procédez à la préparation du glaçage :
5. Soit en battant vigoureusement (la vigueur peut être obtenue à l’aide d’un batteur électrique) 125gr. de beurre additionné de 225gr. de sucre glace. Parfumez ensuite avec 2cc. de café concentré. (Bravo, vous avez réalisé une crème au beurre !)
6. Soit en battant avec encore une belle énergie 125gr. de mascarpone avec 100 à 150gr. de sucre (adaptez à votre goût). Ajoutez ensuite 2cc. de café concentré pour aromatiser. Vous pouvez remplacer le mascarpone par du cream cheese (Philadelphia ou autre).
7. une fois le gâteau refroidi, coupez-le en deux dans l’épaisseur. Tartinez la première épaisseur de glaçage. Refermez. Procédez de même à la surface. Parsemez de quelques noisettes concassées pour finir de rendre le gâteau savamment rustique. Réfrigérez jusqu’au moment de servir.
8. Et là, paf :
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Et re-paf.

Le soin du détail. — Cette recette, comme toute celles que vous pourriez trouver qui nécessitent de l’extrait de café – que désormais vous remplacerez par votre « café concentré maison » en doublant les doses – est un pis-aller : concrètement, le café coulé ne se conserve pas, ou peu. Quelques jours maximum au frigo ; et encore, il n’est pas impossible qu’il se recouvre d’une pellicule un peu répugnante malgré ses reflets mordorés. On doit également pouvoir procéder à sa « concentration » avant de le congeler dans des bacs à glaçons pour ensuite s’en servir à l’envi.

Ainsi donc ma douce Caroline, nous en revenons à l’idée initiale : mettre ton chat à la caféine.

aupaysdumensonge a demandé: Bonjour Jean. Désirant encore plus crouler sous les livres de cuisine (comme si je n'en avais pas assez), quels seraient les 5 livres de recettes de pâtisserie que tu me recommanderais? Bien à toi.

Bien le bonsoir, A. !
Hou, houuuu la question piège.
Déjà si tu croules sous les livres de cuisine – et crois bien que je partage tes préoccupations : comment les ranger, lesquels avoir sous la main en toute urgence, avec lequel dormir ? – tu dois sûrement avoir parmi eux un grand nombre de références. Comment être sûr de ne pas t’en donner une que tu ne connaisses (connais ? C’est un subjonctif ? J’hésite) pas déjà ?…
Alors bon, je vais te faire une courte liste de six – oui, six – ouvrages que j’ai déjà évoqués pour certains et qui entrent au compte de mes sources principales en la matière. (C’est bien entendu plus complexe que ça : nous savons tous deux que l’on s’attache parfois à un livre simplement pour une ou deux recettes qui nous auront marqué ou, pire encore, parce que la couverture est jolie. Personnellement, je me soigne. Mais ça ne va pas mieux, merci.)

1. Secrets gourmands, Pierre Hermé, éd. Agnès Viénot. Un essentiel moult fois réédité. Ne le méjugez pas à son petit format et sa sobriété : il égale sans mal, et même remplace certains autres ouvrages (que je ne nommerai pas) du même célèbre pâtissier. Je tourne pour ma part avec la première édition (à la fin, il y a même une adresse en « Wanadoo.fr » ; vintage !). Recettes de bases, propos techniques. Fondamental, concis et efficace.

2. Pâtisserie !, Christophe Felder, éd. La Martinière. C’est la compilation de plusieurs petits livres qu’il avait déjà écrits, et qui par la même sont (presque) maintenus sous leur indexation originelle (mais sous la forme de chapitres, du coup). Felder, remarquable pâtissier à l’ancienne – sans être fermé aux modes ou à des ingrédients nouveaux – restitue ici avec pédagogie 210 recettes dûment illustrées.

3. Encyclopédie du Chocolat, sous la direction de Frédéric Bau, éd. Flammarion. Tout ce qu’il faut savoir sur le chocolat et comment l’employer en pâtisserie, recettes à l’appui. Précis, pointu, fouillé. Le directeur de la création à l’Ecole du Grand Chocolat Valrhona enterre sans conteste le Chocolat du précédemment cité Christophe Felder. Pierre Hermé s’y fend d’une préface et le livre est fourni avec un dvd qui reprend quelques bases élémentaires.

4. Sensations, Philippe Conticini, éd. Minerva. Avec cette anthologie (mais si) de la pâtisserie française, Conticini a revu, repris, corrigé les plus grands classiques, et ajouté à tout cela ses propres créations. 288 recettes classées par sensations gustatives, enrichies en explications techniques qui permettent, en plus de comprendre comment on procède, pourquoi on le fait comme ça. Un monde en soi.

Aller plus loin ou penser différemment : les ouvrages professionnels mettent à bas certains « trucs » de grand-mère et vont au fond des choses. Leur insurpassable avantage : ils sont pédagogiques et complets, presque trop parfois. Leur inconvénient auquel on s’habitue à la longue : destinés à un enseignement technique et pas aux particuliers, ils sont mal illustrés (mais genre, vilain vilain) et pas toujours compréhensibles au premier abord.
Fondamentaux pour tout reprendre depuis le début et donner une nouvelle dimension à sa pâtisserie, ils sont la lumière d’un phare, primordiale et tremblante, dans l’océan de nouveaux ouvrages qui sortent chaque mois en la matière.
Maîtriser la pâtisserie, Joseph Koscher, Lucien Rouquié et Gérard Montillet, éd. BPi.
Le livre du pâtissier, Bernard Deschamps et Jean-Claude Deschaintre, éd. LT Jacques Lanore.

Tu me tiens au courant.

Expérience de glouton : le croque-monsieur roulé

Comme si, Noël à peine passé, je regrettais déjà les bûches. Mais non, pas du tout. Simplement j’avais sous le coude des grandes tranches de pain de mie (30x40cm), alors hop.

Il n’est bien entendu pas question que je vous donne ma recette secrète ; mais, comme celle-ci est une vague adaptation avec les ingrédients de base, je vais brièvement vous donner quelques indications.

L’écueil de ce pain de mie géant, c’est qu’il risque de ne pas se rouler comme une génoise ordinaire. Du coup, je l’ai imbibé, comme je l’aurais fait pour un biscuit roulé. Sauf qu’au lieu d’alcool ou de sirop pour une pâtisserie, j’ai mélangé du lait à du beurre fondu.
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A la suite de quoi, j’ai tartiné la surface de ricotta.
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J’ai ensuite disposé des tranches de jambon cru, préalablement dégraissé avec le concours généreux et désintéressé de mon chat.
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J’ai coupé aussi finement que possible quelques tranches de fromage…
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…que j’ai disposées sur le jambon, préalablement saupoudré de parmesan en poudre.
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J’ai poivré.
J’ai roulé. Hop.
J’ai enfourné. Hop hop.
Et d’un coup :

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